Affaire Puerto : le rideau est tombé ?
Certains n’ont déjà rien compris. Ils pensent que le cyclisme pousse un gros ouf de soulagement sous prétexte que l’affaire Puerto est classée "sans suite" par la justice espagnole.
Libé a fait du Libé en commençant ainsi son article : "Pour le comique, le vélo ne craint personne. C’est l’inépuisable charme de la comédie de boulevard. Hier, le rideau pourpre est tombé sur l’affaire Puerto sous les applaudissements." Et dans la foulée, des milliers de lecteurs seront confortés dans l’idée que notre sport se complait dans sa déchéance et son omerta. Ils le mépriseront un peu plus. Les idiots, ils feront le jeu de certains autres qui ne demandent que ça : que l’attention se porte ailleurs que sur eux-mêmes.
Rien ne peut m’enlever de la tête que l’affaire Puerto s’est dégonflée en raison des athlètes concernés, à côté desquels nos coureurs font figure de Pom Pom Girls. En novembre 2006, L’Equipe transcrivait les propos d’une source policière : "L’affaire Puerto ne concerne pas que des coureurs cyclistes. C’est un tiers du dossier. D’autres sports sont touchés et les pressions ne sont plus les mêmes." Dans un même temps, certaines équipes perdaient un peu de leur superbe dans les stades. Un hasard, peut-être.
Les raisons pour lesquelles le dossier est classé sans suite font frémir : le juge considère que l’affaire ne constitue pas un délit contre la santé publique. Que doit penser l’ancien coureur Jesus Manzano, victime d’un grave malaise sur le Tour 2003 après une transfusion ? Ce sont ses révélations qui avaient enclenché l’opération Puerto. Pas un délit contre la santé ? La police madrilène avait mis la main sur de L’EPO et des hormones de croissance de contrebande fabriquées dans des laboratoires clandestins en Chine ! Peut-être avaient-ils reçu leur agrément pharmaceutique... Si la justice espagnole est en phase avec ses conclusions et qu’elle n’a rien à cacher, qu’elle n’a subi aucune pression, elle ne verra aucun inconvénient à transmettre les pièces du dossier aux fédérations sportives, lesquelles ont le pouvoir, et même le devoir, d’appliquer leurs propres règles (les transfusions sanguines demeurent un délit dans le sport). L’inverse serait une catastrophe pour le cyclisme qui renoncera à payer une seconde fois les pots cassés pour l’ensemble du sport. Ce qui est certain, c'est qu'il est bien le seul actuellement à vouloir que les choses n'en restent pas là. Et qu'il n'applaudit pas quand le rideau tombe.
avec Vélo magazine

Commentaires
Steph' le 22/06/2007 à 16:52:54A voir : :o)www.dailymotion.com/video/x2c3na_epo-te-quiero-laplage